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Univers Bénin : Les Egunguns ou Les revenants
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Ancêtres, Transes et « Revenants »

Le culte des ancêtres

« Pour l’Afrique, il nous semble que la base de leur religion et la liaison mystique avec les ancêtres divinisés. Rien ne se fait sans les consulter. Chaque Africain doit sa force, son efficacité, sa lutte pour l’existence où tout se gagne, se mérite par des actions envers les dieux du vaudou et des ancêtres. Or, les Revenants sont des ancêtres : de morts revenant. Cette croyance au Bénin vient des Yorubas sous le nom Egun (…) Ses représentants apparaissent sous divers costumes ornés de coquillages et de paillettes. Ils dansent volontiers au son des tambours de préférence bata ou egbon : ce sont les tambours parleurs. Lorsqu’ils ont bien dansé, les Eguns s’assoient et se reposent comme à l’époque où ils étaient vivants.[1] »

 

Que nous dit Birago Diop, le conteur et poète sénégalais ?

« Ecoute plus souvent
Les choses que les Êtres.
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
ils sont dans l’Arbre qui frémit,
ils sont dans le Bois qui gémit,
ils sont dans l’Eau qui coule,
ils sont dans l’Eau qui dort,
ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :

Les Morts ne sont pas morts. »

(Leurres et Lueurs, Présence Africaine, 1959)

Dieu de la foudre.
© Photographie Jacques Loustic.

« Ce dieu n'appartient pas à la tradition yoruba mais dahoméenne. Il ne s'agit pas du tout d'Ogun (le Mars yorouba), mais nous avons bien le bélier de Héviosso, dieu du tonnerre, avec la hâche double caractéristique de nombreux dieu de la foudre sortant de sa gueule, l'équivalent de Shango chez les Fons et autres peuples du sud est du Bénin. » (Alexandrine Vayssac)


L’énergie de la transe, le culte Vaudou au Dahomey

« Le Vodou vient du mot "Vodoun", qui signifie en langue Fon : "Ce qu'on ne peut élucider, la puissance efficace". Lequel s'est manifesté dans les entités Mawu et Lissa, incarnations des principes masculin et féminin. De Mawu et Lissa sont nés, selon la légende, quatorze enfants dotés de pouvoirs surnaturels. Ceux-ci ont eu comme descendants : Chango, le Dieu du tonnerre, Nana Bouloukou, la Déesse de la terre, de la nuit et ses mystères, ainsi que Sakpata, le Dieu de la justice et de la propagation de la variole et diverses divinités isolées.

Le rituel vaudou dans son ensemble, est exercé par le grand maître, responsable de la communauté et garant des valeurs spirituelles, représentant l'Ancêtre Universel Divin ; les prêtres et les prêtresses sont dites les mambos.

Ses rites, domestiques ou publics, expriment supplication, par la prière s'adressant à l'Esprit de Dieu ou des Esprits Solaires, Ancêtres (équivalent aux Saints chrétiens) les Iwas, proche de l'homme, ils participent à leurs travaux, à leurs fêtes et à leurs deuils. Ou à l'Ancêtre Divin qui règne au royaume du soleil, auprès de l'Eternel Dieu. Le remerciement l'Esprit Dieu et la fidélité aux croyances de l'existence d'un monde invisible, celui des esprits d'Ancêtre, en lien dynamique avec le monde visible dans lequel nous sommes en vie.

Le rituel Vaudou, appel à la danse, c'est une religion dansée (…)

Avant chaque cérémonie ou manifestation, il est impératif de consulter l'oracle Fa. Par exemple au Bénin. Certes, pour le vaudoussi (adepte du Vaudou), ces rituels constituent un moment important de la vie où les dieux et les esprits des ancêtres exercent une influence positive directe sur la vie des êtres humains. La relation s'établit au cours des rituels et cérémonies qui constituent le cœur spirituel de Vaudou. Elle permet d'instaurer une sorte de communication aussi bien avec les dieux implorés qu'avec l'esprit des défunts. Le sacrifice en est un élément essentiel, il exprime une relation entre l'homme et la divinité. En échange de la vénération et des offrandes, les dieux et les esprits invoqués assurent protection et assistance.

La transe rituelle a toujours accompagné tout culte animiste originel, dans les conditions souvent bien plus ou moins définies. Cependant, c'est une manifestation mystique tout à fait incontrôlable. De quoi s'agit-il ? Pas du tout, une crise de folie !!! Ni de désordres nerveux hystériques. Les possessions se déroulent suivant le tracé, rigoureusement établi par le rite traditionnel, et selon la coutume de chaque communauté. Mais, rarement, elle fait l'objet de spectacle ni de quelconque peur…le phénomène résultant de la médiation profonde, de l'être solitaire et individuel. Eric Rosny : « Dans les pays d'Afrique chrétienne, on ne remarque pas une résurgence du phénomène mais sa persistance ». Le monde invisible se manifeste à travers la transe par un emprunt de corps, d'identité et de formule quasi magique. Ce sont des Divinités bien connues qui se manifestent, à la demande des personnes. Seront-ils porteuses d'une bonne ou mauvaise nouvelle ? Seront-ils l’esprit de lumière ou l’esprit des ténèbres ? »

Lire la suite "VAUDOU (6). " » dans ANTHROPOLOGIE, TRANSE ET POSSESSION, VAUDOU

Au Bénin, dans le Temple Dangbé, temple du Python. Village lacustre de Ganvié.
© Photographie R. R. Mougeot.

Les « revenants »

Les "Egun(s)" ou Egungun".

© Photographies Jacques Loustic.

« La transe des cultes afro-américains s’entend comme un temps durant lequel le corps de l’être humain sert de réceptacle à l’énergie d’une divinité. En Haïti, on dit que la divinité “monte” son adepte tel un cheval. L’individu s’efface et laisse place à l’entité divine, qui vient littéralement visiter le monde terrestre et passer un moment au beau milieu des hommes. La danse et l’attitude du « support » sont alors celles de la divinité. Elles sont reconnaissables car codifiées dans chaque tradition. Les manifestations de Shango-Sainte Barbe s’appuient sur des danses spécifiques (à Cuba, ses adeptes sont reconnus pour être d’excellents danseurs, à l’image de leur divinité tutélaire) et des attitudes viriles et orgueilleuses. La transe est également un moment d’échange : en se manifestant, la divinité marque à la fois son acceptation des offrandes que lui font les humains et sa protection. “Les dieux et les morts se mélangent avec les vivants au terreiro, ils écoutent leurs plaintes, donnent des conseils, concèdent des grâces, résolvent leurs difficultés, leur donnent des remèdes contre leurs douleurs et des consolations pour leurs infortunes. Le monde céleste n’est pas lointain ni supérieur et le croyant peut parler directement avec ses dieux et profiter de leur bienveillance.”[2] Contrairement à la transe chamanique des Amérindiens ou des Mongols, la transe africaine ne laisse aucun souvenir ou message au véhicule humain. Ce n’est pas une transe consciente pour le medium de l’énergie, bien que chaque manifestation de divinité soit pleine de sens pour cette personne ainsi que pour les autres présentes. La transe, qui a agité scientifiques et psycho-spécialistes de tous poils depuis le XIXème siècle, est comme son nom l’indique une expérience « à travers, » c’est-à-dire qu’être en transe dit littéralement être relié, comme l’indique la reli-gion. L’être est pris par l’énergie qui lui correspond intimement. Pendant quelque temps, cette énergie se matérialise par le corps, et la communauté des humains danse et chante avec elle. [3]»

Après avoir donné maints exemples de croyances que les morts retournaient sur la terre à l’occasion des festivités saisonnières (Proche Orient Ancien, ou bien revenaient à la période du nouvel an ( Slaves, Iraniens, Indiens, gréco-Romains), Mircea Eliade écrit : « « Comment l’invasion des âmes des morts serait-elle autre chose que le signe d’une suspension du temps profane, la réalisation paradoxale d’une coexistence du passé et du présent. ? Jamais cette coexistence n’est aussi totale qu’à une époque de chaos où toutes les modalités coïncident. Les derniers jours de l’année écoulée peuvent être identifiés au Chaos d’avant la Création, et par cette invasion des morts – qui annule la loi du temps – et par les excès sexuels qui marquent la plupart du temps cette occasion. »

(Le Mythe de l’éternel retour, Gallimard, p. 84)

 
 
Gallerie photo des Egunguns (Les Revenants)
 
           
 
           
 
 
 


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